jeudi 26 novembre 2009

Les poulpes de l'information

La convergence des médias est l'un des plus grands obstacles au bon fonctionnement de la démocratie.

Ce n'est pas moi qui l'ai dit en premier, mais je partage cet avis. L'idée derrière cette affirmation est la suivante: le contrôle de l'information médiatique et des moyens de communication de grande envergure par une poignée d'entreprises médiatiques, véritables poulpes de l'information qui étendent leurs tentacules un peu partout (Québécor, Power corp., Rogers, Canwest et Astral pour ce qui est du Québec), affecte la diversité de l'information et des points de vue et accélère l'exode rural. Un excellent ouvrage paru en 2007 aux Presses de l'Université de Montréal intitulé Diversité et indépendance des médias traite de la question. La solution que proposent les auteurs (dont Isabelle Gusse et Normand Baillargeon) pour rapprocher les médias des gens et pour permettre l'existence d'un débat d'idée entre les médias et ceux qui les font est la suivante:

IL FAUT ENCOURAGER LES MÉDIAS LOCAUX ET INDÉPENDANTS!

Parce qu'on peut le faire en plus. On n'a besoin qu'un peu de bonne volonté, de citoyens motivés qui ont le désir de changer les choses et de quelques élections pour faire le ménages dans nos parlements. Oh, ça y est, je l'ai dit. On ne viendra pas me faire croire que les gens qui sont élus pour nous représenter, payés par l'état parfois depuis beaucoup d'années (le doyen de l'Assemblée nationale du Québec, Henri-François Gautrin, y est depuis 1989!) pour siéger durant des mois dans ces gigantesques palais où la complaisance règne. Depuis l'échec des accords du lac Meech et du référendum de 1995, les gouvernements se sont déresponsabilisés: ils commandent des études, font faire des commissions d'enquête (sauf quand ça les rend mal à l'aise, n'est-ce pas monsieur le premier ministre?) et provoquent des audiences publiques. Les rapports d'études finissent sur les tablettes, les commissions d'enquête sont oubliées et les audiences publiques qui n'aboutissent à rien parce qu'il s'agit en fait d'une diversion politique.

Allez, traitez-moi de cynique si vous voulez. Vous n'aurez pas complètement tort.

Le seul moyen avec lequel on peut provoquer un véritable changement politique, c'est si les citoyens rejettent en masse la présence des politiciens actuels dans les parlements, mettent au pouvoir des gens qui n'ont jamais goûté à l'institutionnalisme du pouvoir (NON! l'ADQ n'est pas une solution!) et qui ne seront donc pas trop confortablement installés dans leurs sièges de comtés. Pour que cette solution fonctionne, on peut procéder soit de la manière douce, en votant tous aux élections pour des tiers partis ou en annulant son vote, soit de la manière moins douce en faisant la révolution.

Le Québec est passé proche de telles opportunités de changer les choses dans son histoire, mais les seuls wipeouts politiques qui ont eu lieu conservaient en place trop de vieux croûtons et la seule révolution que nous avons connu était trop tranquille et elle s'est aujourd'hui endormie. Dans les deux cas il n'y a eu qu'apparence de changement, comme un élastique qu'on étire et qui reprend sa forme. Si on ne tire pas assez fort, l'élastique ne brise pas donc sa forme intrinsèque reste la même.

D'un autre côté, on ne sait pas ce qui arrive après. Les pessimistes disent « ça pourrait être pire » et se contentent de tenter de conserver un statu quo qui s'effrite rapidement, alors que les plus optimistes comme moi disent que « ça pourrait être mieux » puisque les solutions à nos problèmes existent, il ne manque que la volonté de les appliquer.

Commencez par une étape facile: prenez la peine d'être curieux. Ce n'est pas un défaut, mais bien une qualité. À l'ère de l'information, il est étonnant que si peu de gens soient bien informés et sachent ce qui se passe près d'eux. On n'apprend jamais assez. Mais bon, le choix est le vôtre!

mercredi 8 juillet 2009

Guerre, épais

On nous répète depuis bientôt un an que nous vivons la plus grave crise économique depuis la Grande dépression. On nous dit sans cesse que les gouvernements à travers le monde sont mal en point financièrement à cause de cette crise. La nourriture coûte au moins deux fois plus cher que l'année dernière.

Considérant cette situation qui nous est constamment ramenée sous le nez par les grands médias, que penser de notre bon gouvernement paternaliste conservateur, qui tient tellement à améliorer nos vies qu'il décide, comme ça, d'investir cinq milliards de dollars dans de nouveaux équipements militaires?

Je me ferai d'abord l'avocat du diable. C'est vrai, l'équipement militaire canadien n'est pas à la fine pointe de la technologie, pour dire les choses légèrement, et peut même aller jusqu'à nuire aux soldats. La modernisation de ces équipements est vraisemblablement nécessaire à la tenue de missions de longue durée à l'étranger, telles que la mission de « paix » en Afghanistan dans laquelle nous sommes embourbés depuis quelques années déjà. Mais justement, que faisons-nous là? À l'origine, la mission était réellement une mission de paix qui visait à construire des écoles et protéger les gens. Mais depuis que le très placide Stephen Harper et son cabinet ministériel sont au pouvoir, les forces canadiennes sont entrées en mode « offensive », et dorénavant les soldats reviennent au pays refroidis. N'oublions surtout pas les villages afghans dévastés par les combats et les familles afghanes qui crient vengeance contre les Canadiens cruels qui ont tué un père, un oncle, un frère. Vous verrez, ça nous retombera dessus.

Non seulement cette « mission de paix » nous coûte cher financièrement, elle nous coûte cher diplomatiquement. Peut-être nous étions-nous rapprochés des États-Unis de George W. Bush suite à ce changement radical de mandat militaire, mais nous sommes aussi devenu un pays agressif. Du Canada à l'image pacifique et modérée, il ne reste que le souvenir. Sans compter que nous sommes maintenant l'un des pays avec le pire bilan énergétique, mais il s'agit d'un autre dossier.

Cet argent aurait pu être utilisé de beaucoup d'autres façons. Nombre d'experts s'accordent pour dire que l'éducation supérieure devrait être une priorité en temps de crise pour que les gens puissent se trouver de l'emploi, de même qu'afin que la société ne tombe pas dans la xénophobie, par exemple. Un seul de ces milliards, par exemple, aurait pu servir à subventionner partiellement des milliers de programmes de recherche. Quelques millions auraient également pu aller soutenir des programmes sociaux divers visant à aider les gens dans le besoin ou à faire l'apologie de modes de vie sains, réduisant ainsi l'utilisation du réseau de santé. On pourrait continuer longtemps comme ça. Le parti conservateur se veut rassurant en soutenant que cet équipement militaire sera fabriqué au Canada, créant ainsi de l'emploi. D'accord, mais pourquoi pas des bus, des trains ou des métros, plutôt que des chars d'assaut et des hélicoptères? Ce serait beaucoup plus constructifs et du coup Harper ferait une fleur aux écologistes et aux municipalités.

Stephen Harper semble d'ailleurs avoir oublié que nous sommes, jusqu'à nouvel ordre, une démocratie. Ses décisions devraient être soumises en chambre, or la Chambre des communes est fermée pour l'été. Il passe cet « investissement » en catimini, sans que l'opposition ne puisse contester. Nous avons un système médiocratique parlementeur.

Sans blague, c'est enrageant de constater à quel point nous mettons au pouvoir, élection après élection, des hypocrites. Ils ne respectent pas leurs propres engagements démocratiques et puis s'en vont faire la leçon chez les autres. C'est comme le père qui dit à son fils de ne pas picoler alors qu'il est saoul mort. Ou peut-être n'est-il qu'un peu chaud. Quoi qu'il en soit, il est sur la bonne voie pour finir avec des problèmes de foie.

mercredi 1 juillet 2009

Fêter le Canada

Que fête-t-on au juste? Le Canada est si différent d'un océan à l'autre, si diversifié, le premier argument que je devrais entendre est que c'est justement cette diversité qui est à l'honneur, que ce pays d'immigrants, bâti sur des terres ayant été habitées longtemps avant que l'Occident n'y appose le sceau de la colonisation « civilisatrice », est intrinsèquement tributaire de ce bouillon de culture qui compose la « courtepointe canadienne ».

Réfléchissons d'abord sur le mot « Canada », qui veut dire « village » ou « amas de cabanes » dans la langue iroquoise. Le mot fut d'abord récupéré par les Français pour désigner la région de Québec, chef-lieu de la Nouvelle-France qui se voulait un lieu d'échange commerciaux, non une colonie destinée à accueillir des centaines de milliers de colons comme en Nouvelle-Angleterre. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'Histoire. C'est logique, remarquez, puisque les colons anglais protestants fuyaient le régime hostile anglican de l'Angleterre du dix-septième siècle. Mais bon, je vous recommande fortement d'aller lire sur ce sujet si cela vous intéresse, puisqu'il s'agit quand même des raisons qui ont mené éventuellement la Nouvelle-Angleterre à vouloir s'étendre au dépens des Français dont les vastes colonies de Nouvelle-France et la Louisiane étaient peu peuplées. Bref, les Britanniques ont vaincu la Nouvelle-France en 1760 et l'ont officiellement gagnée par le traité de Paris signé en 1763. Dès lors, le « Canada » devient anglais et, peu de temps après, se bat contre les indépendantistes protestants des Treize colonies qui chassent les royalistes et les anglicans vers le nord, ici. Suite à la guerre et pour mieux accommoder le grand nombre de nouveaux immigrants anglais, la couronne britannique sépare ce qui était devenu après 1763 la Province de Québec en deux entités, le Haut-Canada (maintenant l'Ontario) et le Bas-Canada (le Québec). En 1837, les Patriotes, groupe révolutionnaire du Bas-Canada fortement opposé au contrôle sans partage du territoire par l'élite britannique, mène une rébellion contre les forces impériales anglaises, avec pour seul succès de devenir des martyrs de la future cause souverainiste. Lord Durham, homme influent de la colonie qui avait un mépris avoué des canadiens-français, fait ses dix recommandations destinées à assimiler les francophones et promulgue en 1840 l'Acte d'union qui unit les deux Canada en une entité, la Province du Canada. Les choses restent ainsi jusqu'au premier juillet 1867, date de l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Voici la journée que l'on fête aujourd'hui.

« On ne peut guère concevoir nationalité plus dépourvue de tout ce qui peut vivifier et élever un peuple que les descendants des Français dans le Bas-Canada, du fait qu'ils ont gardé leur langue et leurs coutumes particulières. C'est un peuple sans histoire et sans littérature.» -extrait du rapport Durham

Or, ce Canada que nous fêtons n'a bien sûr rien à voir avec les « Canadas » qui ont précédé, pas plus celui de la Nouvelle-France que celui de la couronne britannique. Nous sommes plutôt supposé célébrer la naissance voilà 142 ans de la confédération canadienne, qui se réclame (encore aujourd'hui) être un modèle de démocratie, une terre d'accueil, un lieu où les droits humains fondamentaux sont respectés et un pays pacifique.

Bon.

Personnellement, je vois toujours ces journées de « fête nationale » comme un temps où il devient nécessaire de se questionner sur la pertinence des interprétations que l'on veut donner à la soi-disante nation. Par exemple, pour ce qui est de la fête nationale du Québec, je me suis fortement posé des questions à propos de la tolérance ethnolinguistique de mes compatriotes et sur la pertinence de boire au point de finir malade. Mais au niveau de la fête du Canada, je me pose une question encore plus grave: que reste-t-il du Canada que l'on célèbre à chaque premier juillet?

Il faut dire que le Canada que rêvaient messieurs John A. MacDonald, George-Étienne Cartier et George Brown ressemblait beaucoup plus à la souveraineté-association proposée lors des deux derniers référendums québécois qu'au pays centralisateurs dans lequel nous vivons aujourd'hui, débat qui reste encore et toujours d'actualité. La raison derrière cette autonomie des provinces face au gouvernement central, qui avait à l'époque beaucoup moins de pouvoir que maintenant, s'expliquait notamment par la reconnaissance des différences culturelles importantes existant entre les différentes régions du pays, mais aussi par les besoins différents liés à une foule de facteurs tels que l'environnement, le mode de vie et la densité de population, par exemple.

Le Canada d'aujourd'hui peine à appliquer une cohabitation harmonieuse des provinces parce que le gouvernement central essaie de tout contrôler. De ce fait est né le mouvement souverainiste au Québec et une idéologie assez indépendante dans l'ouest. On tente de fêter le multiculturalisme sans se rendre compte qu'on y enfonce à chaque jour la hache un peu plus profondément. Les francophones, fatigués de se battre constamment et d'essayer de vivre dans leur langue sur leur propre territoire, s'effacent peu à peu, volontairement, afin que l'individu survive à la culture. Les dires de Lord Durham prendront-ils corps dans cette fatigue? Le Canada ne sait plus porter le masque. Le Scandale des commandites et le recours de Stephen Harper auprès de la gouverneure-générale en décembre 2008 afin d'invalider une décision démocratique des partis d'opposition de former une coalition montre à tous que le Canada est une démocratie fatiguée, las des tribulations sans fin qui ne peuvent se régler que par l'autonomie des provinces dans une fédération au caractère clair et défini. On accueille des milliers d'immigrants à chaque année sur notre territoire qui ne se donnent même pas la peine d'apprendre le français parce qu'ils comprennent vite que cela ne servira peut-être bientôt plus à grand chose, ses usagers semblant avoir perdu la motivation de se battre pour partager et préserver leur culture. Les cultures autochtones que nous avons dépossédé, ruiné, empoisonné, isolé et méprisé durant si longtemps sont en train de disparaître elles aussi, notamment grâce à l'alcool, au tabac et au suicide. Les Amérindiens n'ont souvent pas accès à des soins médicaux rapides, vivant trop loin des grands centres et étant soumis à des conseils de bande (aristocraties amérindiennes) qui contrôlent avec une main de fer les échanges de leur tribu avec l'extérieur, permettant parfois l'existence d'un marché noir puissant et difficile à contrôler, les Amérindiens n'étant pas soumis aux mêmes règles. L'héritage pacifique que nous avions est en train de fondre à vue d'oeil avec l'arrivée des conservateurs au pouvoir il y a quelques années, nos missions militaires à l'étranger ayant pris une tournure offensive plus que défensive. Et dans tout ça on se dit fier. Ce n'est qu'une question de sentiments. Mais en ce moment, c'est ce triste enchaînement que je vois les gens fêter.

Alors, moi je me dis: il ne faut pas baisser les bras, il faut espérer. C'est ce que je tente de faire, aussi absurde cela puisse-t-il paraître, parce qu'abandonner c'est disparaître. Je fêterai le Canada le jour où il ressemblera à ce qu'il devait devenir en 1867 et où nous serons une véritable démocratie. D'ici-là, cette journée ne sera pour moi qu'un congé férié de plus.

vendredi 26 juin 2009

Michael Jackson est mort...

Bon. Disons que j'ai observé une minute de silence quand je me suis couché. Mais je me dis: et après? On le compare à « l'Elvis Presley » des dernières décennies. En effet, on trouvera dorénavant des gens pour constamment nier son décès. Qu'il soit bel et bien mort ou non, le coup de pub fut phénoménal: les magasin ont apparemment été vidés de leur répertoire du « roi de la pop ». Bref, certainement assez pour rembourser les énormes dettes qu'il a accumulé au cours de sa vie. Mais est-ce assez pour effacer tous les scandales auxquels il a été associé depuis les quelques dernières années?

Rappelons-nous les soupçons de pédophilie qui ont longtemps pesé sur lui. J'ignore en fait ce qui était vrai ou faux dans cette histoire, et pour être bien franc, je m'en fous un peu puisque ça ne me concerne même pas; c'est ici une question qui concerne sa vie privée. Mais quand même, ça me fait sourire de voir des gens que je connais pleurer à chaudes larmes la mort de l'inventeur du moonwalk tout en tenant le discours qu'il faut pendre les pédophiles par les couilles. Quand on a révolutionné la musique pop, tout est pardonné en définitive. Remarquez, c'est la même chose en politique; quand Jean Pelletier est mort en janvier dernier, on a dit de lui que c'était un « grand homme ». Pelletier avait été l'un des principaux acteurs du scandale des commandites, exercice anti-démocratique exercé par le gouvernement du Canada lors du référendum sur la souveraineté en 1995. Pelletier, après sa mort est devenu quelqu'un de bien.

Les morts sont souvent les plus grands hommes.

Je ne mets bien entendu pas du tout Michael Jackson dans le même panier. Ce n'est qu'une analogie. Il a inspiré plusieurs artistes modernes, tels que Britney Spears et Justin Timberlake, qui façonnent le monde musical d'aujourd'hui. Je ne porterai pas de jugement sur ces artistes, mais cela démontre bien l'influence qu'il a eu au cours de sa carrière. 

Comme disais l'un de mes potes, il ne fait pas bon mourir le même jour qu'un artiste aussi populaire. Ce fut le cas hier de Farrah Fawcett, actrice née en 1962 et ayant notamment joué le rôle de Jill Monroe entre 1976 et 1981 dans la série américaine Charlie's Angels. Mais elle n'avait pas composé Beat It. Donc elle est passé presque inaperçue.

D'ailleurs, ça joue à fond du Michael Jackson en avant de chez moi au moment où j'écris ceci. Et je n'exclue pas la possibilité d'écouter moi-même Thriller, en espérant ne pas voir de morts-vivants...

mercredi 24 juin 2009

Bonne St-Jean-Baptiste

L'alcool coule à flot au moment où j'écris ces lignes. Pas chez moi, notez-le bien, mais sur les Plaines et dans les bars, ça j'en suis convaincu. Si on est un francophone qui dit aimer le Québec, il est considéré normal que de se soumettre aux démons de l'alcoolisme à cette date. Remarquez, je ne porte aucun blâme. Que celle ou celui qui n'a jamais profité d'une telle occasion pour s'hydrater le gosier me jette la première pierre.

Ce qui me chicote davantage, c'est tout ce débat autour du caractère ethnique de la St-Jean. Selon certains, le 24 juin devrait se fêter uniquement dans la langue de Miron et nous devrions par le fait même exclure les communautés ethniques qu'on affirme vouloir inclure dans un Québec nouveau. Je ne sais pas pour vous, mais si j'étais à Toronto et qu'on me refusais de faire un numéro en français, ça ne me donnerait pas tellement le goût de découvrir une culture qui me refuse.
« Je ne voudrais pas faire partie d'un club qui me refuserais comme membre. » -Woody Allen
Alors, si on veux former un Québec inclusif et donner envie aux anglophones et aux allophones d'apprendre le français, n'est-il pas préférable de leur tendre la main? On ne se fait pas d'amis dans le rejet.

Quoiqu'il en soit, tâchons de passer une fête agréable! Une joyeuse St-Jean-Baptiste à toutes et à tous!



mercredi 17 juin 2009

Et un nouveau blogue fut (comme s'il n'y en avait pas déjà assez!)

On parle beaucoup, en ces temps de crise, de scandales financiers, de ces hommes qui font disparaître des milliers, voire des millions et même des milliards de dollars comme par magie, comme si le grand Houdini lui-même en était l'instigateur. Il est vrai que ces vols, où plutôt devrais-je dire dans un souci de rectitude politique ces « pertes », commis par certains grands maîtres de la sphère économique mondiale, ont rarement bénéficié d'autant d'attention que maintenant. Nous vivons, dit-on, la pire crise économique de l'ère de la mondialisation, en partie à cause des liens étroits qui composent maintenant notre quotidien empreint de la modernité consumériste. Les produits que nous utilisons à chaque instant sont fabriqués en Asie avec des matériaux provenant d'Afrique et vendus à des Européens et à des Nords-Américains. Les langues s'estompent au profit de l'english, nouvel esperanto économique servant (peut-être malgré ses propres usiteurs) à normaliser les échanges tant culturels que commerciaux entre les nations de la planète. On dit que les médias imprimés sont en train de disparaître au profit des médias en ligne, plus difficiles d'accès pour certaines personnes. On parle des épidémies qui font moins de morts que les maladies dites « courantes ». On dit beaucoup de choses.

Mais il y a aussi ce qu'on ne dit pas. Qui parle des génocides qui ont court en Afrique au moment où ces lignes sont écrites? Qui parle des monopoles qui se créent au niveau des ressources premières par les grands conglomérats énergétiques et par des compagnies comme Monsanto, qui font l'apologie de ressources alimentaires modifiées génétiquement pour ne pas engendrer de descendance? Qui mentionne encore la crise alimentaire mondiale, éclipsée par la crise économique (ou plutôt la crise du crédit, afin de mieux cataloguer cet avatar de notre folie dépensière), qui fait encore des centaines de milliers de victimes chez les populations africaines et sud-asiatiques? Un petit nombre de personnes le font. Elles sont peu nombreuses toutefois, puisque les crises qui se passent ailleurs semblent si loin. Trop souvent les pires crises sont celles dont on refuse de parler.

Je n'ai pas la prétention de connaître tout, encore moins de croire que mes prises de position sont toujours justifiées par des arguments convenables. Je suis soumis aux mêmes fautes de jugement qu'autrui. Mais je tente toutefois de ne parler qu'en connaissance de cause. Mon objectif est d'informer les gens, d'aiguiser leur curiosité et de susciter chez eux une prise de position et un intérêt pour les événements qui marquent notre ère, au risque de me faire contredire, calomnier et renier. Je veux comprendre les gens, je veux comprendre ce qui motive chaque action, chaque parole. Déjà, si j'aide une personne à mieux comprendre un sujet, voilà mes efforts justifiés.

J'espère ne pas être trop pénible à lire!