mercredi 8 juillet 2009

Guerre, épais

On nous répète depuis bientôt un an que nous vivons la plus grave crise économique depuis la Grande dépression. On nous dit sans cesse que les gouvernements à travers le monde sont mal en point financièrement à cause de cette crise. La nourriture coûte au moins deux fois plus cher que l'année dernière.

Considérant cette situation qui nous est constamment ramenée sous le nez par les grands médias, que penser de notre bon gouvernement paternaliste conservateur, qui tient tellement à améliorer nos vies qu'il décide, comme ça, d'investir cinq milliards de dollars dans de nouveaux équipements militaires?

Je me ferai d'abord l'avocat du diable. C'est vrai, l'équipement militaire canadien n'est pas à la fine pointe de la technologie, pour dire les choses légèrement, et peut même aller jusqu'à nuire aux soldats. La modernisation de ces équipements est vraisemblablement nécessaire à la tenue de missions de longue durée à l'étranger, telles que la mission de « paix » en Afghanistan dans laquelle nous sommes embourbés depuis quelques années déjà. Mais justement, que faisons-nous là? À l'origine, la mission était réellement une mission de paix qui visait à construire des écoles et protéger les gens. Mais depuis que le très placide Stephen Harper et son cabinet ministériel sont au pouvoir, les forces canadiennes sont entrées en mode « offensive », et dorénavant les soldats reviennent au pays refroidis. N'oublions surtout pas les villages afghans dévastés par les combats et les familles afghanes qui crient vengeance contre les Canadiens cruels qui ont tué un père, un oncle, un frère. Vous verrez, ça nous retombera dessus.

Non seulement cette « mission de paix » nous coûte cher financièrement, elle nous coûte cher diplomatiquement. Peut-être nous étions-nous rapprochés des États-Unis de George W. Bush suite à ce changement radical de mandat militaire, mais nous sommes aussi devenu un pays agressif. Du Canada à l'image pacifique et modérée, il ne reste que le souvenir. Sans compter que nous sommes maintenant l'un des pays avec le pire bilan énergétique, mais il s'agit d'un autre dossier.

Cet argent aurait pu être utilisé de beaucoup d'autres façons. Nombre d'experts s'accordent pour dire que l'éducation supérieure devrait être une priorité en temps de crise pour que les gens puissent se trouver de l'emploi, de même qu'afin que la société ne tombe pas dans la xénophobie, par exemple. Un seul de ces milliards, par exemple, aurait pu servir à subventionner partiellement des milliers de programmes de recherche. Quelques millions auraient également pu aller soutenir des programmes sociaux divers visant à aider les gens dans le besoin ou à faire l'apologie de modes de vie sains, réduisant ainsi l'utilisation du réseau de santé. On pourrait continuer longtemps comme ça. Le parti conservateur se veut rassurant en soutenant que cet équipement militaire sera fabriqué au Canada, créant ainsi de l'emploi. D'accord, mais pourquoi pas des bus, des trains ou des métros, plutôt que des chars d'assaut et des hélicoptères? Ce serait beaucoup plus constructifs et du coup Harper ferait une fleur aux écologistes et aux municipalités.

Stephen Harper semble d'ailleurs avoir oublié que nous sommes, jusqu'à nouvel ordre, une démocratie. Ses décisions devraient être soumises en chambre, or la Chambre des communes est fermée pour l'été. Il passe cet « investissement » en catimini, sans que l'opposition ne puisse contester. Nous avons un système médiocratique parlementeur.

Sans blague, c'est enrageant de constater à quel point nous mettons au pouvoir, élection après élection, des hypocrites. Ils ne respectent pas leurs propres engagements démocratiques et puis s'en vont faire la leçon chez les autres. C'est comme le père qui dit à son fils de ne pas picoler alors qu'il est saoul mort. Ou peut-être n'est-il qu'un peu chaud. Quoi qu'il en soit, il est sur la bonne voie pour finir avec des problèmes de foie.

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