jeudi 26 novembre 2009
Les poulpes de l'information
mercredi 8 juillet 2009
Guerre, épais
On nous répète depuis bientôt un an que nous vivons la plus grave crise économique depuis la Grande dépression. On nous dit sans cesse que les gouvernements à travers le monde sont mal en point financièrement à cause de cette crise. La nourriture coûte au moins deux fois plus cher que l'année dernière.
Considérant cette situation qui nous est constamment ramenée sous le nez par les grands médias, que penser de notre bon gouvernement paternaliste conservateur, qui tient tellement à améliorer nos vies qu'il décide, comme ça, d'investir cinq milliards de dollars dans de nouveaux équipements militaires?
Je me ferai d'abord l'avocat du diable. C'est vrai, l'équipement militaire canadien n'est pas à la fine pointe de la technologie, pour dire les choses légèrement, et peut même aller jusqu'à nuire aux soldats. La modernisation de ces équipements est vraisemblablement nécessaire à la tenue de missions de longue durée à l'étranger, telles que la mission de « paix » en Afghanistan dans laquelle nous sommes embourbés depuis quelques années déjà. Mais justement, que faisons-nous là? À l'origine, la mission était réellement une mission de paix qui visait à construire des écoles et protéger les gens. Mais depuis que le très placide Stephen Harper et son cabinet ministériel sont au pouvoir, les forces canadiennes sont entrées en mode « offensive », et dorénavant les soldats reviennent au pays refroidis. N'oublions surtout pas les villages afghans dévastés par les combats et les familles afghanes qui crient vengeance contre les Canadiens cruels qui ont tué un père, un oncle, un frère. Vous verrez, ça nous retombera dessus.
Non seulement cette « mission de paix » nous coûte cher financièrement, elle nous coûte cher diplomatiquement. Peut-être nous étions-nous rapprochés des États-Unis de George W. Bush suite à ce changement radical de mandat militaire, mais nous sommes aussi devenu un pays agressif. Du Canada à l'image pacifique et modérée, il ne reste que le souvenir. Sans compter que nous sommes maintenant l'un des pays avec le pire bilan énergétique, mais il s'agit d'un autre dossier.
Cet argent aurait pu être utilisé de beaucoup d'autres façons. Nombre d'experts s'accordent pour dire que l'éducation supérieure devrait être une priorité en temps de crise pour que les gens puissent se trouver de l'emploi, de même qu'afin que la société ne tombe pas dans la xénophobie, par exemple. Un seul de ces milliards, par exemple, aurait pu servir à subventionner partiellement des milliers de programmes de recherche. Quelques millions auraient également pu aller soutenir des programmes sociaux divers visant à aider les gens dans le besoin ou à faire l'apologie de modes de vie sains, réduisant ainsi l'utilisation du réseau de santé. On pourrait continuer longtemps comme ça. Le parti conservateur se veut rassurant en soutenant que cet équipement militaire sera fabriqué au Canada, créant ainsi de l'emploi. D'accord, mais pourquoi pas des bus, des trains ou des métros, plutôt que des chars d'assaut et des hélicoptères? Ce serait beaucoup plus constructifs et du coup Harper ferait une fleur aux écologistes et aux municipalités.
Stephen Harper semble d'ailleurs avoir oublié que nous sommes, jusqu'à nouvel ordre, une démocratie. Ses décisions devraient être soumises en chambre, or la Chambre des communes est fermée pour l'été. Il passe cet « investissement » en catimini, sans que l'opposition ne puisse contester. Nous avons un système médiocratique parlementeur.
Sans blague, c'est enrageant de constater à quel point nous mettons au pouvoir, élection après élection, des hypocrites. Ils ne respectent pas leurs propres engagements démocratiques et puis s'en vont faire la leçon chez les autres. C'est comme le père qui dit à son fils de ne pas picoler alors qu'il est saoul mort. Ou peut-être n'est-il qu'un peu chaud. Quoi qu'il en soit, il est sur la bonne voie pour finir avec des problèmes de foie.
mercredi 1 juillet 2009
Fêter le Canada
Que fête-t-on au juste? Le Canada est si différent d'un océan à l'autre, si diversifié, le premier argument que je devrais entendre est que c'est justement cette diversité qui est à l'honneur, que ce pays d'immigrants, bâti sur des terres ayant été habitées longtemps avant que l'Occident n'y appose le sceau de la colonisation « civilisatrice », est intrinsèquement tributaire de ce bouillon de culture qui compose la « courtepointe canadienne ».
Réfléchissons d'abord sur le mot « Canada », qui veut dire « village » ou « amas de cabanes » dans la langue iroquoise. Le mot fut d'abord récupéré par les Français pour désigner la région de Québec, chef-lieu de la Nouvelle-France qui se voulait un lieu d'échange commerciaux, non une colonie destinée à accueillir des centaines de milliers de colons comme en Nouvelle-Angleterre. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'Histoire. C'est logique, remarquez, puisque les colons anglais protestants fuyaient le régime hostile anglican de l'Angleterre du dix-septième siècle. Mais bon, je vous recommande fortement d'aller lire sur ce sujet si cela vous intéresse, puisqu'il s'agit quand même des raisons qui ont mené éventuellement la Nouvelle-Angleterre à vouloir s'étendre au dépens des Français dont les vastes colonies de Nouvelle-France et la Louisiane étaient peu peuplées. Bref, les Britanniques ont vaincu la Nouvelle-France en 1760 et l'ont officiellement gagnée par le traité de Paris signé en 1763. Dès lors, le « Canada » devient anglais et, peu de temps après, se bat contre les indépendantistes protestants des Treize colonies qui chassent les royalistes et les anglicans vers le nord, ici. Suite à la guerre et pour mieux accommoder le grand nombre de nouveaux immigrants anglais, la couronne britannique sépare ce qui était devenu après 1763 la Province de Québec en deux entités, le Haut-Canada (maintenant l'Ontario) et le Bas-Canada (le Québec). En 1837, les Patriotes, groupe révolutionnaire du Bas-Canada fortement opposé au contrôle sans partage du territoire par l'élite britannique, mène une rébellion contre les forces impériales anglaises, avec pour seul succès de devenir des martyrs de la future cause souverainiste. Lord Durham, homme influent de la colonie qui avait un mépris avoué des canadiens-français, fait ses dix recommandations destinées à assimiler les francophones et promulgue en 1840 l'Acte d'union qui unit les deux Canada en une entité, la Province du Canada. Les choses restent ainsi jusqu'au premier juillet 1867, date de l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Voici la journée que l'on fête aujourd'hui.
« On ne peut guère concevoir nationalité plus dépourvue de tout ce qui peut vivifier et élever un peuple que les descendants des Français dans le Bas-Canada, du fait qu'ils ont gardé leur langue et leurs coutumes particulières. C'est un peuple sans histoire et sans littérature.» -extrait du rapport Durham
Or, ce Canada que nous fêtons n'a bien sûr rien à voir avec les « Canadas » qui ont précédé, pas plus celui de la Nouvelle-France que celui de la couronne britannique. Nous sommes plutôt supposé célébrer la naissance voilà 142 ans de la confédération canadienne, qui se réclame (encore aujourd'hui) être un modèle de démocratie, une terre d'accueil, un lieu où les droits humains fondamentaux sont respectés et un pays pacifique.
Bon.
Personnellement, je vois toujours ces journées de « fête nationale » comme un temps où il devient nécessaire de se questionner sur la pertinence des interprétations que l'on veut donner à la soi-disante nation. Par exemple, pour ce qui est de la fête nationale du Québec, je me suis fortement posé des questions à propos de la tolérance ethnolinguistique de mes compatriotes et sur la pertinence de boire au point de finir malade. Mais au niveau de la fête du Canada, je me pose une question encore plus grave: que reste-t-il du Canada que l'on célèbre à chaque premier juillet?
Il faut dire que le Canada que rêvaient messieurs John A. MacDonald, George-Étienne Cartier et George Brown ressemblait beaucoup plus à la souveraineté-association proposée lors des deux derniers référendums québécois qu'au pays centralisateurs dans lequel nous vivons aujourd'hui, débat qui reste encore et toujours d'actualité. La raison derrière cette autonomie des provinces face au gouvernement central, qui avait à l'époque beaucoup moins de pouvoir que maintenant, s'expliquait notamment par la reconnaissance des différences culturelles importantes existant entre les différentes régions du pays, mais aussi par les besoins différents liés à une foule de facteurs tels que l'environnement, le mode de vie et la densité de population, par exemple.
Le Canada d'aujourd'hui peine à appliquer une cohabitation harmonieuse des provinces parce que le gouvernement central essaie de tout contrôler. De ce fait est né le mouvement souverainiste au Québec et une idéologie assez indépendante dans l'ouest. On tente de fêter le multiculturalisme sans se rendre compte qu'on y enfonce à chaque jour la hache un peu plus profondément. Les francophones, fatigués de se battre constamment et d'essayer de vivre dans leur langue sur leur propre territoire, s'effacent peu à peu, volontairement, afin que l'individu survive à la culture. Les dires de Lord Durham prendront-ils corps dans cette fatigue? Le Canada ne sait plus porter le masque. Le Scandale des commandites et le recours de Stephen Harper auprès de la gouverneure-générale en décembre 2008 afin d'invalider une décision démocratique des partis d'opposition de former une coalition montre à tous que le Canada est une démocratie fatiguée, las des tribulations sans fin qui ne peuvent se régler que par l'autonomie des provinces dans une fédération au caractère clair et défini. On accueille des milliers d'immigrants à chaque année sur notre territoire qui ne se donnent même pas la peine d'apprendre le français parce qu'ils comprennent vite que cela ne servira peut-être bientôt plus à grand chose, ses usagers semblant avoir perdu la motivation de se battre pour partager et préserver leur culture. Les cultures autochtones que nous avons dépossédé, ruiné, empoisonné, isolé et méprisé durant si longtemps sont en train de disparaître elles aussi, notamment grâce à l'alcool, au tabac et au suicide. Les Amérindiens n'ont souvent pas accès à des soins médicaux rapides, vivant trop loin des grands centres et étant soumis à des conseils de bande (aristocraties amérindiennes) qui contrôlent avec une main de fer les échanges de leur tribu avec l'extérieur, permettant parfois l'existence d'un marché noir puissant et difficile à contrôler, les Amérindiens n'étant pas soumis aux mêmes règles. L'héritage pacifique que nous avions est en train de fondre à vue d'oeil avec l'arrivée des conservateurs au pouvoir il y a quelques années, nos missions militaires à l'étranger ayant pris une tournure offensive plus que défensive. Et dans tout ça on se dit fier. Ce n'est qu'une question de sentiments. Mais en ce moment, c'est ce triste enchaînement que je vois les gens fêter.
Alors, moi je me dis: il ne faut pas baisser les bras, il faut espérer. C'est ce que je tente de faire, aussi absurde cela puisse-t-il paraître, parce qu'abandonner c'est disparaître. Je fêterai le Canada le jour où il ressemblera à ce qu'il devait devenir en 1867 et où nous serons une véritable démocratie. D'ici-là, cette journée ne sera pour moi qu'un congé férié de plus.
vendredi 26 juin 2009
Michael Jackson est mort...
mercredi 24 juin 2009
Bonne St-Jean-Baptiste
« Je ne voudrais pas faire partie d'un club qui me refuserais comme membre. » -Woody Allen
mercredi 17 juin 2009
Et un nouveau blogue fut (comme s'il n'y en avait pas déjà assez!)
On parle beaucoup, en ces temps de crise, de scandales financiers, de ces hommes qui font disparaître des milliers, voire des millions et même des milliards de dollars comme par magie, comme si le grand Houdini lui-même en était l'instigateur. Il est vrai que ces vols, où plutôt devrais-je dire dans un souci de rectitude politique ces « pertes », commis par certains grands maîtres de la sphère économique mondiale, ont rarement bénéficié d'autant d'attention que maintenant. Nous vivons, dit-on, la pire crise économique de l'ère de la mondialisation, en partie à cause des liens étroits qui composent maintenant notre quotidien empreint de la modernité consumériste. Les produits que nous utilisons à chaque instant sont fabriqués en Asie avec des matériaux provenant d'Afrique et vendus à des Européens et à des Nords-Américains. Les langues s'estompent au profit de l'english, nouvel esperanto économique servant (peut-être malgré ses propres usiteurs) à normaliser les échanges tant culturels que commerciaux entre les nations de la planète. On dit que les médias imprimés sont en train de disparaître au profit des médias en ligne, plus difficiles d'accès pour certaines personnes. On parle des épidémies qui font moins de morts que les maladies dites « courantes ». On dit beaucoup de choses.
Mais il y a aussi ce qu'on ne dit pas. Qui parle des génocides qui ont court en Afrique au moment où ces lignes sont écrites? Qui parle des monopoles qui se créent au niveau des ressources premières par les grands conglomérats énergétiques et par des compagnies comme Monsanto, qui font l'apologie de ressources alimentaires modifiées génétiquement pour ne pas engendrer de descendance? Qui mentionne encore la crise alimentaire mondiale, éclipsée par la crise économique (ou plutôt la crise du crédit, afin de mieux cataloguer cet avatar de notre folie dépensière), qui fait encore des centaines de milliers de victimes chez les populations africaines et sud-asiatiques? Un petit nombre de personnes le font. Elles sont peu nombreuses toutefois, puisque les crises qui se passent ailleurs semblent si loin. Trop souvent les pires crises sont celles dont on refuse de parler.
Je n'ai pas la prétention de connaître tout, encore moins de croire que mes prises de position sont toujours justifiées par des arguments convenables. Je suis soumis aux mêmes fautes de jugement qu'autrui. Mais je tente toutefois de ne parler qu'en connaissance de cause. Mon objectif est d'informer les gens, d'aiguiser leur curiosité et de susciter chez eux une prise de position et un intérêt pour les événements qui marquent notre ère, au risque de me faire contredire, calomnier et renier. Je veux comprendre les gens, je veux comprendre ce qui motive chaque action, chaque parole. Déjà, si j'aide une personne à mieux comprendre un sujet, voilà mes efforts justifiés.
J'espère ne pas être trop pénible à lire!