La convergence des médias est l'un des plus grands obstacles au bon fonctionnement de la démocratie.
Ce n'est pas moi qui l'ai dit en premier, mais je partage cet avis. L'idée derrière cette affirmation est la suivante: le contrôle de l'information médiatique et des moyens de communication de grande envergure par une poignée d'entreprises médiatiques, véritables poulpes de l'information qui étendent leurs tentacules un peu partout (Québécor, Power corp., Rogers, Canwest et Astral pour ce qui est du Québec), affecte la diversité de l'information et des points de vue et accélère l'exode rural. Un excellent ouvrage paru en 2007 aux Presses de l'Université de Montréal intitulé Diversité et indépendance des médias traite de la question. La solution que proposent les auteurs (dont Isabelle Gusse et Normand Baillargeon) pour rapprocher les médias des gens et pour permettre l'existence d'un débat d'idée entre les médias et ceux qui les font est la suivante:
IL FAUT ENCOURAGER LES MÉDIAS LOCAUX ET INDÉPENDANTS!
Parce qu'on peut le faire en plus. On n'a besoin qu'un peu de bonne volonté, de citoyens motivés qui ont le désir de changer les choses et de quelques élections pour faire le ménages dans nos parlements. Oh, ça y est, je l'ai dit. On ne viendra pas me faire croire que les gens qui sont élus pour nous représenter, payés par l'état parfois depuis beaucoup d'années (le doyen de l'Assemblée nationale du Québec, Henri-François Gautrin, y est depuis 1989!) pour siéger durant des mois dans ces gigantesques palais où la complaisance règne. Depuis l'échec des accords du lac Meech et du référendum de 1995, les gouvernements se sont déresponsabilisés: ils commandent des études, font faire des commissions d'enquête (sauf quand ça les rend mal à l'aise, n'est-ce pas monsieur le premier ministre?) et provoquent des audiences publiques. Les rapports d'études finissent sur les tablettes, les commissions d'enquête sont oubliées et les audiences publiques qui n'aboutissent à rien parce qu'il s'agit en fait d'une diversion politique.
Allez, traitez-moi de cynique si vous voulez. Vous n'aurez pas complètement tort.
Le seul moyen avec lequel on peut provoquer un véritable changement politique, c'est si les citoyens rejettent en masse la présence des politiciens actuels dans les parlements, mettent au pouvoir des gens qui n'ont jamais goûté à l'institutionnalisme du pouvoir (NON! l'ADQ n'est pas une solution!) et qui ne seront donc pas trop confortablement installés dans leurs sièges de comtés. Pour que cette solution fonctionne, on peut procéder soit de la manière douce, en votant tous aux élections pour des tiers partis ou en annulant son vote, soit de la manière moins douce en faisant la révolution.
Le Québec est passé proche de telles opportunités de changer les choses dans son histoire, mais les seuls wipeouts politiques qui ont eu lieu conservaient en place trop de vieux croûtons et la seule révolution que nous avons connu était trop tranquille et elle s'est aujourd'hui endormie. Dans les deux cas il n'y a eu qu'apparence de changement, comme un élastique qu'on étire et qui reprend sa forme. Si on ne tire pas assez fort, l'élastique ne brise pas donc sa forme intrinsèque reste la même.
D'un autre côté, on ne sait pas ce qui arrive après. Les pessimistes disent « ça pourrait être pire » et se contentent de tenter de conserver un statu quo qui s'effrite rapidement, alors que les plus optimistes comme moi disent que « ça pourrait être mieux » puisque les solutions à nos problèmes existent, il ne manque que la volonté de les appliquer.
Commencez par une étape facile: prenez la peine d'être curieux. Ce n'est pas un défaut, mais bien une qualité. À l'ère de l'information, il est étonnant que si peu de gens soient bien informés et sachent ce qui se passe près d'eux. On n'apprend jamais assez. Mais bon, le choix est le vôtre!